Coopération autour des enjeux arctiques

Dernière mise à jour: 06/08/2010 // Certains ont affirmé que des activités humaines croissantes et des frontières non établies dans l’Arctique pouvaient accroître le niveau de tension. L’évolution dans la région tend cependant à prouver le contraire.

En mars, des ministres des cinq Etats riverains de l’Arctique, la Norvège, la Russie, le Canada, les Etats-Unis et le Danemark, se sont réunis à Ottawa pour examiner comment relever les défis communs qu’entraîne l’augmentation de l’activité dans l’Arctique. Il est frappant de constater l’unanimité des Etats riverains de l’Arctique.

Nouvelles opportunités – nouveaux défis

Les changements climatiques et la régression de la banquise peuvent créer de nouvelles opportunités dans l’Arctique. Les ressources halieutiques peuvent se déplacer vers le nord, et les voies maritimes comme les ressources pétrolières devenir plus facilement accessibles.

Cette augmentation de l’activité humaine fait apparaître de nouveaux défis. Le climat de la région, à la fois extrême et vulnérable, impose des exigences importantes en termes de protection contre les déversements pétroliers, de sauvetage et de préparation aux situations d'urgence. Un déversement pétrolier important ou bien un accident de navire de croisière peuvent nécessiter davantage de ressources que celles dont dispose un seul pays. Dans une région caractérisée par de grandes distances et des moyens de sauvetage dispersés, il est indispensable de pouvoir compter sur la coopération des pays frontaliers.

Des solutions de coopération

Cette vision est partagée par les cinq Etats arctiques. Les participants à la réunion d’Ottawa sont d’accord sur le besoin de renforcer la coopération en matière de recherche et de sauvetage, et conviennent tous que le Conseil arctique, dont les Etats côtiers sont membres, constitue une enceinte importante pour promouvoir cette coopération. En 2011, le conseil envisage de conclure un accord de coopération juridiquement contraignant sur la recherche et le sauvetage dans l’Arctique. La Norvège coordonne par ailleurs une initiative du Conseil arctique auprès de l’Organisation maritime internationale OMI en vue d’instaurer des normes obligatoires pour les navires naviguant dans l’Arctique. La Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie collaborent sur la recherche et le sauvetage comme sur la protection contre la pollution pétrolière. Des hélicoptères norvégiens ont ainsi sauvé des marins dans les eaux russes. 

Exercice russo-norvégien de recherche et sauvetage en mer de Barents en septembre 2009. 
Photo: Harald Hermansen Eie / Ministère des Affaires étrangères.Exercice russo-norvégien de recherche et sauvetage en mer de Barents en septembre 2009. Photo: Harald Hermansen Eie / Ministère des Affaires étrangères

Consensus sur les règles du jeu

Il est peu probable que des frontières non établies et l’abondance de ressources naturelles puissent augmenter le niveau de tension dans l’Arctique. La majeure partie des richesses pétrolières connues de l’Arctique se situe en effet dans des zones non controversées, et d’après des études géologiques américaines, la plupart des ressources non découvertes se trouveraient aussi dans ces régions.

Si les Etats riverains de l’Arctique peuvent diverger sur le tracé de certaines frontières, ils s’entendent sur le processus à suivre. La réglementation internationale telle que le droit de la mer et des négociations entre les pays constituent la solution convenue. En cas de désaccord sur certaines zones, une documentation concernant l’étendue du plateau continental est soumise à l’ONU qui, après examen, donne ses recommandations aux pays concernés, et des négociations bilatérales sont menées.

Gestion et évolution communes

Aujourd’hui, les Etats riverains coopèrent également sur la gestion des ressources arctiques, comme l'illustrent à merveille leurs efforts concertés en mer de Barents. Dans cette région, la Norvège et la Russie collaborent parfaitement sur la gestion du stock de cabillaud le plus durable du monde. Les ressources gazières sont elles aussi développées conjointement en mer de Barents la société norvégienne Statoil et son pendant russe Gazprom coopèrent pour le développement de l’énorme gisement gazier Chtokman, particulièrement exigeant sur le plan technique. 


Source: Ministère des Affaires étrangères   |   Partager sur le réseau   |   print