La première session du parlement sami a été inaugurée à Karasjok le 9 octobre 1989 par le Roi Olav. Depuis, les représentants des Samis sont élus tous les quatre ans, en même temps que les élections au Storting (le parlement norvégien).
Le professeur Ole-Henrik Magga a été le premier président du parlement sami de Norvège et le premier président du forum permanent des Nations Unies sur les questions des peuples autochtones. Il pense que le parlement a redonné au peuple sami confiance en lui-même. Photo: Ecole supérieure samie
« La création du parlement a donné au peuple sami confiance en lui, en ses capacités et en sa force. Elle a joué un rôle très positif », a déclaré Ole-Henrik Magga, premier président du parlement sami et premier président du forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.
Le parlement sami a une fonction consultative auprès des autorités norvégiennes et s’occupe de tous les dossiers qui lui paraissent concerner les Samis.
Augmentation du nombre de Samis recensés
Une liste d’électeurs spécifique a été établie pour les élections au parlement sami.
On estime que le nombre de Samis en Norvège se situe entre 40 000 et 65 000. Personne ne connaît le nombre exact. Au cours des 20 dernières années, un nombre croissant de Norvégiens d’origine samie a choisi de se faire recenser comme Sami.
Avant les élections de 2009, 13 890 Samis s’étaient inscrits sur la liste électorale samie, soit une augmentation de 10% par rapport aux élections précédentes. Cette hausse a été particulièrement sensible dans la Norvège du Sud (Lulli-Norga), où le nombre d’électeurs a augmenté de plus de 30%.
Rôle du parlement sami
Le rôle du parlement sami est d’œuvrer pour la reconnaissance des droits fondamentaux des Samis. Il entend préserver et renforcer la culture, la langue et la société samies, de même que les différentes traditions samies.
Le nouveau parlement sami a été construit en 2000. Il abrite non seulement le parlement des Samis norvégiens, mais aussi une bibliothèque dédiée et les archives des Samis. Photo: Bjarne Riesto/ Stein Halvorsen AS Sivilarkitekter MNAL
« Plusieurs avancées notoires ont été obtenues, notamment le droit de tous les enfants samis à apprendre la langue samie et à suivre un enseignement en sami », affirme Ole-Henrik Magga. Il souligne également l’adoption de la loi sur le Finnmark (Finnmarksloven), qui est entrée en vigueur en 2005 suite aux travaux du parlement sami.
La loi sur le Finnmark confère aux Samis et aux autres habitants du Finnmark des droits sur les terres et les ressources en eau de cette région. Une zone plus vaste que le Danemark est ainsi passée des mains de l’Etat aux mains d’un organisme local.
« Cet événement a aussi son importance à l’échelle mondiale », a déclaré l’ancien président du parlement sami.
Conseils aux autres peuples indigènes
Aux côtés d’autres institutions samies, le parlement sami s’efforce de consolider les droits des autres peuples indigènes. Les Samis norvégiens ont souvent été le porte-parole des revendications et des aspirations des autres populations autochtones. Ainsi, lors des négociations en vue de l’adoption de la Convention n° 169 relative aux peuples indigènes et tribaux de l’Organisation internationale du travail, les Samis étaient bien représentés.
« Il y a un lien évident entre le parlement sami et le rôle international des Samis, même si leur influence se faisait déjà sentir avant la création du parlement, grâce à tous ceux qui se sont battus pour mettre en place cette assemblée. Nous pouvons être fiers de la tâche accomplie par les Samis de notre pays. Non seulement ils sont un modèle, mais ils prodiguent aussi des conseils aux autres peuples indigènes pour leur combat », estime Ole-Henrik Magga.
Un travail international
Le Conseil parlementaire sami, qui réunit des députés des parlements samis de Norvège, de Suède et de Finlande, a trois objectifs : renforcer les droits des populations indigènes, développer des normes environnementales qui garantissent des bases matérielles favorables à la culture des Samis et des autres peuples autochtones et, enfin, œuvrer en faveur d’un développement des régions septentrionales qui consolide la culture et la société des Samis et des autres populations indigènes.
Un premier pas vers une solution
Pour Ole-Henrik Magga, le parlement sami ne constitue pas une solution définitive, ni pour les Samis, ni pour les autres peuples indigènes, mais il inaugure une nouvelle étape vers un système différent.
« Le parlement sami est une institution reconnue, qui permet de dialoguer avec les ministères et le gouvernement. Même s’il ne représente pas le seul moyen pour les autres peuples indigènes de s’organiser, beaucoup d’entre eux se sont intéressés au modèle du parlement sami et aux principes qui le sous-tendent. Le modèle convient surtout aux peuples indigènes qui constituent une minorité intégrée dans une population », souligne-t-il.
Le mur incliné du parlement sami et du tribunal d’instance de Tana recueille la neige, contribuant ainsi à une meilleure isolation thermique. En même temps, une correspondance est créée entre l’architecture, l’environnement et les saisons. Photo: Bjarne Riesto/ Stein Halvorsen AS Sivilarkitekter MNAL
Le tribunal d’instance de Tana est le premier tribunal d’instance de langue samie en Norvège. Photo: BarentsPhoto.com.