Egalité entre les sexes

13/09/2009 // L’indice de développement 2003 publié par le PNUD classe la Norvège au deuxième rang, derrière l'Islande, pour ce qui est de l'égalité des sexes dans la vie économique et politique. On compte notamment un nombre important de femmes parmi les députés du Storting, et à des postes de décision élevés. Les femmes représentent également une proportion significative de la population professionnellement active. Bien que les hommes continuent à être nommés en plus grand nombre aux postes politiques et de l’administration publique, la tendance évolue clairement vers un accroissement de la représentation féminine. Le second gouvernement formé par le Premier Ministre Gro Harlem Brundtland, en 1986, présentait la proportion de représentation féminine la plus importante qui ait jamais été atteinte dans le monde, huit des dix-huit postes ministériels étant détenus par des femmes.

En application de la loi sur l’égalité entre les sexes de 1978, toute discrimination fondée sur le sexe est prohibée, à l’exception des cas où le choix discriminant vise spécifiquement à favoriser l’égalité des sexes. Bien que, sur le plan formel, le principe du salaire égal à travail égal ait été adopté, certaines indications tendent à montrer que les femmes norvégiennes resteraient quelque peu en retrait derrière les hommes en ce qui concerne leur niveau de rémunération.

Au cours des quelques cent dernières années, les femmes ont conquis l’égalité formelle et réelle dans la plupart des domaines. En 1888, les femmes mariées obtenaient le droit d’exercer de façon pleinement indépendante leur capacité légale. Les législations de 1918 et 1927 les placèrent sur un pied d’égalité avec les hommes en ce qui concerne le divorce, la garde des enfants et le droit de propriété. En 1912, elles obtinrent l’accès à la plupart des postes de l’administration publique, puis, à partir de 1938, furent autorisées à assumer tous les emplois, à l’exception de ceux du clergé ou de l’armée. Le droit d’occuper toutes les fonctions officielles leur fut pleinement accordé en 1952.

L’entrée des femmes dans le monde du travail, et les changements qui en découlèrent en termes de statut financier, dès la fin du XIXième siècle, conduisirent à la fondation d'un mouvement politique féminin visant à obtenir l'ensemble des droits sociaux pour toutes les femmes, dans tous les domaines. Ce mouvement des droits de la femme fit sa première percée en tant que courant de pensée organisé dans les années 1880. Dès cette époque, les femmes luttaient pour le droit de vote, qu'elles obtinrent en 1913. Dans l’entre-deux-guerres, un certain nombre de groupes féminins furent mis en place sous les auspices des syndicats. Les années 1960 donnèrent au mouvement des femmes une nouvelle impulsion. Les révoltes étudiantes, le brouillement des mouvements d'émancipation de la femme à l’étranger et l’essor économique, qui rendait nécessaire l’apport de la main d’oeuvre féminine, renouvelèrent l’intérêt des Norvégiennes pour le thème de l’égalité entre les sexes, et conférèrent au mouvement plus d’impact qu’il n’en avait encore jamais eu.

Ce nouveau mouvement n’eut pas pour objectif premier d’obtenir l’égalité formelle, mais concentra ses efforts sur la possibilité que pouvaient avoir les femmes d'exercer librement leurs droits légaux.


Source: Extrait de l’Encyclopédie Norvégienne publiée aux éditions Aschehoug et Gyldendal / Kristin Natvig Aas   |   Partager sur le réseau   |   print