Musique classique

28/07/2009 //

L’univers norvégien de la musique classique doit beaucoup au compositeur Edvard Grieg (1843-1907). Bien que la Norvège n’ait obtenu son indépendance que deux ans avant sa mort, les oeuvres de Grieg, comme les concerts qu’il donna lui-même, valurent au pays d'apparaître pour de bon sur la carte internationale de la musique. Le fait que la Norvège n'ait conquis son indépendance qu'en 1905 a eu une influence significative sur son histoire musicale. Durant cinq cents ans, le pays n’eut que peu de contacts avec la vie culturelle de l’aristocratie et de la bourgeoisie européennes : en conséquence, la Norvège a fort peu à son actif pour ce qui est de la musique de la Renaissance et de l’Âge baroque.

Mais Grieg eut tout de même quelques prédécesseurs importants. Halfdan Kjerulf (1815-1868) se fit une considérable réputation comme compositeur d’oeuvres pour piano, de lieder et de chant choral au milieu du XIXième siècle. Le violoniste virtuose Ole Bull (1810-1880) connut, à la même époque, une brillante carrière en Europe et aux États-Unis. Ces deux personnalités ont ouvert la voie au développement actuel de la vie musicale en Norvège. Grieg et Bull sont des figures-clefs du Festival International de Bergen, dont les manifestations investissent des lieux mythiques tels que le Musée Edvard Grieg et la maison de Ole Bull, à Lysøen.

De nos jours, le monde norvégien de la musique classique a pour ambassadeurs principaux l’Orchestre Philharmonique d’Oslo, l’Orchestre Philharmonique de Bergen, l’Orchestre de Chambre Norvégien, le pianiste Leif Ove Andsnes, le violoncelliste Truls Mørk et la soprano Solveig Kringelborn.

La période qui sépare l'époque de Grieg et Bull de cette vague actuelle d’artistes de haut niveau a également compté quelques solistes de renommée mondiale, dont la soprano Kirsten Flagstad (1895-1962). La Norvège d’aujourd’hui doit le succès international de ses musiciens et de ses orchestres aux efforts qui ont été consentis au domaine musical dans les années 1970, à commencer par la création d’un système public d’éducation musicale, puis le développement de festivals et la construction de salles de concerts dans les villes les plus importantes du pays. Le prochain projet dans ce domaine est celui de la construction d'un nouveau bâtiment destiné à l’Opéra National d’Oslo, qui s'y installera à l'automne 2008.

Les compositeurs norvégiens ont gardé vivant jusqu'à nos jours l’héritage d’Edvard Grieg. Son successeur le plus éminent fut sans aucun doute Christian Sinding (1856-1941), dont le langage musical était clairement influencé par le romantisme. Même après que la vague de composition atonale venue du continent européen eut atteint la Norvège, un noyau solide de compositeurs norvégiens continua à utiliser les éléments tonaux et d’inspiration nationale-romantique initiés par Grieg. Parmi ces compositeurs, citons David Monrad Johansen (1888-1974), Ludvig Irgens Jensen (1894-1969), Harald Sæverud (1897-1992), Klaus Egge (1906-1979), Geirr Tveitt (1908-1981), Øistein Sommerfeldt (1919-1994) et Johan Kvandal (1919-1999). Parmi les compositeurs contemporains, c'est sans doute Ragnar Söderlind (né en 1945) qui reste le plus étroitement associé à cette tradition.


Source: Texte rédigé par le Centre norvégien d’information musicale   |   Partager sur le réseau   |   print