Sortie en juin 2009 du dernier album de Bugge Wesseltoft, Playing

Dernière mise à jour: 03/09/2009 // <i>Playing</i> est le nouvel album solo du jazzman norvégien Bugge Wesseltoft, sorti en France en juin 2009. Plein de surprises et de finesse, <i>Playing</i> laisse transparaître une nouvelle fois la grande sensibilité de l’artiste.



Bugge Wesseltoft est pianiste mais aussi compositeur et producteur, il est internationalement reconnu et s’est produit avec les plus grands : Jan Garbarek, Terje Rypdal et Billy Cobham. Toutes ces expériences furent pour lui l’occasion d’une transition vers sa propre conception de la musique jazz, d’une fraîcheur absolument unique, en partant des sons postmodernes issus de la tradition jazz nordique.
 
L’un de ses plus grands succès est la création de son propre label Jazzland Record, afin de répandre sa vision musicale et de promouvoir des artistes ayant la même vision de la musique que lui. Son premier album publié sous la marque en 1996 a d’ailleurs reçu l'équivalent d'un Grammy norvégien : le « Spellemannprisen ».
 
Bugge Wesseltoft  marie des cultures apparemment étrangères : musiques classiques et contemporaines, musiques traditionnelle norvégienne, turque et nord-africaine, mais aussi musique électronique. En véritable alchimiste, et grâce à son sens aigu de la mélodie et de l’harmonie, Bugge Wesseltoft nous fait ainsi rencontrer le groove de Herbie Hancock, de Crossings, les silences et les espaces d’Erik Satie, les tensions électriques et lyriques de Miles Davis, et même une vision en cinémascope des DJ les plus soul comme José Padilla, sans que jamais l’un ne domine l’autre. Le partage et la communion sont le chemin sur lequel Wesseltoft semble avoir choisi d’évoluer. L’artiste se produit parfois sur scène avec le pape de la techno hexagonale, Laurent Garnier, ou aux côtés de sa compatriote, la chanteuse Sidsel Endresen.

Mais c’est dans une sorte de besoin effréné de retour aux origines que Playing vient tout bousculer. Dans ce dernier album solo qui vient de sortir, Wesseltoft retourne au piano solo. Cet album profondément riche en sonorités, en textures et en couleurs, dévoile une nouvelle facette du pianiste au jeu plein de finesse, de joie et de légèreté. Durant une heure, on assiste à cette conversation intime entre l’artiste et son piano. Le style, dépouillé de tout artifice, fait résonner chaque note comme le fondement de ces mélodies précises et nettes. Quelques coups d’effets électroniques font comprendre à l’auditeur que l’exercice de diction des notes et d’articulation est bien plus périlleux qu’il n’en a l’air. Non, Bugge Wesseltoft ne joue ni un coup d’esbroufe, ni n’essaie de nous duper avec des mélodies qui pourraient sembler trop simples.

C’est ainsi que l’artiste laisse échapper une fois encore un morceau de son âme. Toujours surprenant, il demeure pourtant fidèle à son chemin, et poursuit son épopée artistique en laissant entrevoir une vision plus complexe de son personnage.


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