La rentrée littéraire s’annonce…norvégienne !

Dernière mise à jour: 03/09/2009 // Ou presque. Ils ne sont que huit, mais peu importe, ils sont norvégiens. Les auteurs norvégiens ne s’exportent que peu donc imaginez, huit livres, c’est huit fois plus de raisons de découvrir cette littérature nordique aux auteurs souvent subtils et terriblement astucieux. 

Traduites en français, on retrouve les œuvres d’Anne B. Ragde, Lars Saabye Christensen ou encore Gunnar Staalesen, autant d’auteurs qui ont déjà su convaincre le lectorat norvégien. Alors, laissez-vous aller, choisissez la couverture qui vous inspire le plus, le titre qui attise votre curiosité et offrez-vous un vrai moment de plaisir. Du polar au roman d’amour, en passant par la littérature pour la jeunesse, et même pour les tout petits, tous s’y retrouvent. Ces romans paraîtront en France à la rentrée prochaine.


Caulfield, Sortie interdite de Harald Rosenlow Eeg
Les éditions Thierry Magnier
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

Klaus emménage à Oslo avec sa mère récemment nommée CPE dans un lycée où il va poursuivre sa scolarité. Juste avant la rentrée, en se baladant dans le lycée, il surprend une conversation entre un garçon et quelqu’un d’autre, conversation où l’un menace l’autre. Il croise l’adolescent Sturla qui ne lui dit rien. C’est Sturla qui débarque chez Klaus par surprise le lendemain, en fait il vient voir sa mère (CPE) et repart très vite, angoissé et fébrile. Il est retrouvé mort écrasé par le métro. Klaus a entre les mains une clé usb appartenant à Sturla, elle contient son journal. Très vite Klaus doute de la version de l’accident, et la soeur de Sturla aussi. Il était menacé, mais par qui ? Ses soupçons se portent sur un professeur. Amour homosexuel ? Mais l’année scolaire a démarré et Klaus rencontre sa classe, les anciens amis de Sturla, tout s’embrouille, il devient lui même suspect, n’est-il pas le dernier à avoir vu Sturla, il aurait pu le pousser au suicide. Les versions divergent, qui croire ? La vérité sera bien pire que tout ce que Klaus aurait pu imaginé, en tout cas pas celle offerte en première analyse. Et le roman se termine de façon brutale et terrible. Roman de la manipulation, de la force des bandes, de la détermination et sujétion absolue des adolescents en leur engagement. Un polar glaçant, efficace, perturbant (pour les adultes). Des portraits sans concessions qui dérangent.
En librairie le 21 octobre 2009



Beatles de Lars Saabye Christensen  
Les édtions JC Lattès

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud


Quatre amis, Kim, Gunnar, Ola et Seb, sont réunis par leur passion pour les Beatles. Ballottés entre histoires d’amour balbutiantes, rêves de grandeur et petites déceptions du quotidien, ils ont quinze ans et sont inséparables. Leurs aventures jusqu’à l’âge adulte sont racontées par Kim, le plus ambitieux mais aussi le plus fragile. Chaque chapitre a pour titre et pour thème une chanson des Beatles.
La guerre du Vietnam a beau indigner les foules, Paris vivre sous les barricades et la Norvège hésiter à rejoindre la Communauté européenne, les quatre copains iront toujours trinquer sur quelques accords à la santé du groupe mythique de leur jeunesse.
En librairie début septembre 2009



Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar Staalesen
Les édtions Gaia

Traduit du norvégien par Alex Fouillet

La société d’encaissements Grorud semble apparaître et disparaître à intervalles réguliers, et n’appartient pas au Norvégien qui lui a donné son nom. Varg Veum, intrigué par ces dysfonctionnements, se renseigne et met le doigt sur une affaire de chantage autour d’une photo vieille de six ans sur laquelle figurent un entrepreneur en vogue de l’époque, un magnat de l’industrie d’armement suédoise, un financier et un « encaisseur » suédois. Une liste macabre de protagonistes qui commencent à disparaître les uns à la suite des autres… Une affaire rondement menée par un Varg Veum un brin nostalgique. Peut-être que cet épisode vécu loin de Bergen sera propice à l’évocation de ses années d’études de droit dans la capitale ? Le fait est que ce roman marque une étape dans la série des Varg Veum, le privé norvégien se révélant de plus en plus attachant au fil des enquêtes.
En librairie le 2 septembre 2009



Musique d’un puits bleu de Torborg NEDREAAS
Les éditions cambourakis

Traduit du norvégien par Régis Boyer

Publié en 1960, Musique d’un puits bleu évoque avec une sensibilité extrême le destin de la petite Herdis, une enfant de dix ou onze ans, dont la vie va être bouleversée par le divorce de ses parents. Bien d’autres éléments bousculent par ailleurs l’univers de cette petite fille qui grandit à Bergen : la première guerre mondiale éclate, appauvrit le peuple, et attise les rancoeurs sociales, si bien que les origines allemandes de la famille deviennent soudain problématiques.
Face à la complexité du monde des adultes, cruel et plein de faux semblants, Herdis trouve en elle des ressources protectrices: farouche et déterminée, elle tient tête à son père et sa mère, s’abandonnant secrètement à la douceur de ses rêves. Musique et poésie sont les clés d’un rapport magique à l’existence qui lui permet de résister à la violence extérieure.
Le traducteur, Régis Boyer, compare Nédréaas à la Colette du Blé en herbe : précise, sensuelle, d’une grande puissance d’évocation, son écriture est délicieusement envoûtante. Le personnage de Herdis apparaît dans trois autres des livres de Nédréaas, dont deux recueils de nouvelles. Les chapitres de Musique d’un puits bleu ont d’ailleurs tous leur force propre, et pourraient souvent fonctionner comme des nouvelles indépendantes. L’ensemble constitue un roman à la temporalité singulière, qui épouse le rythme intérieur de la petite Herdis, héroïne attachante et inoubliable.
En librairie au mois de septembre 2009



La séduction de Knut Faldbakken
Les éditions cambourakis

Traduit du norvégien par Eric Eydoux

La Séduction, paru en Norvège en 1985, s’inspire de l’un des plus fameux récits de Knut Hamsun, Pan, dont il reprend les noms de personnages et une partie des motifs, situant l’intrigue non au coeur de la nature sauvage, comme dans le roman de Hamsun, mais dans le contexte urbain d’Oslo, à la fin du XXè siècle.
Glahn – jeune homme à la dérive, sans argent ni attache – croise au hasard des rues un ancien camarade militaire, Mack, un riche entrepreneur, qui va le prendre sous son aile et lui procurer un logement et un emploi de façade. Une amitié étrange, malsaine, lie les deux hommes, Glahn exerçant une sorte de charme à la puissance parfois effrayante, à la manière du héros de Théorème de Pasolini. Glahn séduit tour à tour la femme puis la fille de Mack, précipitant la famille entière vers un inéluctable drame. L’épreuve de la passion amoureuse fait voler en éclats la personnalité de chacun – Glahn lui-même n’y résistera pas : le livre s’ouvre alors qu’il est à l’hôpital psychiatrique. Le récit se présente d’ailleurs comme une série de confessions à son psychiatre, Faldbakken instaurant ainsi une distance ironique qui modère la noirceur de sa vision fondamentalement désenchantée de l’amour. La Séduction n’en demeure pas moins un roman violent et troublant, une mécanique complexe et implacable.
En librairie au mois de novembre 2009


Prinçusse Klura et la sorcière Salamandrine de Tormod Haugen
Les éditions L’Ecole des Loisirs

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

D’accord, Prinçasse Bragitte lui a menti sur toute la ligne, mais tout de même, c’était sa meilleure amie. Aussi, quand Prinçusse Klura reçoit son appel au secours par grenouille interposée, son sang noble et passionné ne fait-il qu’un tour. En route pour de nouvelles aventures féeriques, au galop de ce bon vieux Turnudu !
Arrivée à la grotte du dragon, Klura comprend son malheur. Bragitte est là, en train de se transformer sans arrêt. Crapaud, humain. Humain, crapaud. C’est imprévisible, épuisant et dangereux. Il faut agir ! En consultant le livre de sorcellerie des parents de leur ami Pellus, les deux princesses apprennent que la sorcière Salamandrine serait la personne idéale pour résoudre leur problème. Oui, mais où est-elle ?



Une résidence d’hiver de Tormod Haugen
Les éditions L’Ecole des Loisirs

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

En plein coeur de l’hiver norvégien, Andréas se rend dans la maison de famille pour se suicider. La grande demeure qui porte le doux nom d’Eden a connu, chaque été, les retrouvailles des grands-parents, des oncles, des tantes, d’Andréas et de son cousin Mats.
Au fil du temps, les angoisses, les haines et les frustrations se sont aussi transmises de génération en génération. Cette fois, le jeune garçon y est seul... du moins le croit-il. Car des ombres passent dans la nuit : Ingella, la fille du jardinier, et Mats, son cousin, qui le hait et
a décidé de le tuer. Les desseins de chacun s’accompliront-ils ?






La Terre des Mensonges de Anne B. RAGDE
Trilogie norvégienne Tome 1
Les éditions Balland
Traduit du norvégien par Jean Renaud

Salué par la critique et les lecteurs, La Terre des mensonges est le premier tome d’une trilogie qui a connu un très grand succès en Norvège (1 million d’exemplaires vendus pour  4,7 millions d’habitants !). La Terre des mensonges, paru en 2004 s’est vendu à près de 500 000 ex., a été traduit dans plus de 15 langues et a obtenu le « Booksellers’ prize » et le très prestigieux prix « Riksmal ».
Les trois frères Neshov sont réunis à la mort de leur mère. Trois frères que tout sépare.
L’aîné, Tor, élève des porcs et fait tourner la ferme familiale, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres, et le cadet, Erlend, décorateur à Copenhague, vit avec son compagnon dans un appartement confortable. Le jour où leur mère Anna tombe gravement malade, tous se retrouvent à la ferme Neshov après de nombreuses années. On suit alors les souvenirs qui remontent, les vies qui se révèlent… Jusqu’à l’annonce inattendue du père de famille, qui lors de ces retrouvailles mouvementées est amené à révéler un terrible secret… Anne Ragde dresse un portrait drôle et tendre des personnages aux prises avec leurs incertitudes.
En librairie le 11 juin 2009
Le tome 2, Les Bernard l’hermite, paraîtra en janvier 2010


Une moto dans la nuit de Ragnar Hovland
Les éditions la Joie de Lire.

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud


Le narrateur, un adolescent de 14 ans, a perdu ses parents - ou plutôt, « ils ont disparu », sans qu’il sache ce qui leur est arrivé. En conséquence de quoi il a été confié à son oncle, un alcoolique vivant dans un taudis en périphérie de la ville. Mais le jeune héros a aussi un frère, ou plutôt « avait » un frère, qui lui aussi a disparu, pour d’autres raisons cependant - pour avoir tué et pris la fuite. Le narrateur n’aura de cesse de retrouver son frère, Raymond, qui finit par ressurgir et prendre soin de lui. Ils entament tous deux un voyage en  moto, jusqu’à ce que Raymond lui dise que leurs chemins doivent se séparer.
Le déracinement, l’abandon, l’isolement puis le voyage, l’errance, la découverte de soi sont deux mouvements à l’œuvre dans ce texte composé de courts chapitres, qui a reçu la plus haute distinction littéraire norvégienne.
En librairie le 27 août 2009


 


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